Audit énergétique et DPE : ce qui les distingue et quand ils sont obligatoires

Sommaire
- DPE et audit énergétique : deux outils, deux usages
- L’audit énergétique obligatoire à la vente : le calendrier
- Location : le calendrier des interdictions pour les passoires
- Le nouveau calcul du DPE depuis 2026
- Comment lire les scénarios de travaux d’un audit énergétique
- Audit énergétique et aides à la rénovation
- Que faire après l’audit ?
- Questions fréquentes
Le DPE donne une étiquette ; l’audit énergétique donne un plan de travaux. Le premier est exigé pour toute vente ou location, le second pour la vente des maisons classées E, F ou G, avant d’être étendu à la classe D en 2034. Pour un propriétaire, l’audit sert surtout à ordonner les travaux et à viser les aides.
DPE et audit énergétique : deux outils, deux usages
Le diagnostic de performance énergétique (DPE) estime la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre d’un logement, puis le classe de A à G. Les classes F et G correspondent aux « passoires énergétiques ». Depuis le 1er juillet 2021, le DPE est pleinement opposable : un acheteur ou un locataire peut se retourner contre le vendeur ou le bailleur s’il est faux. Il est valable dix ans, et son tarif n’est pas réglementé.
L’audit énergétique réglementaire part du même type de calcul, mais son objet est différent. Il sert à répondre à la question : que faut-il faire, dans quel ordre et pour combien ? Il ne remplace pas le DPE, il le complète, et sa durée de validité est de cinq ans.
| DPE | Audit énergétique | |
|---|---|---|
| Objet | Classer le logement de A à G | Proposer des scénarios de travaux chiffrés |
| Quand | Toute vente, toute location | Vente d’une maison ou d’un immeuble en monopropriété classé E, F ou G |
| Validité | 10 ans | 5 ans |
| Contenu | Étiquettes énergie et climat, recommandations sommaires | Répartition des déperditions, au moins deux propositions de travaux, étapes, estimation des coûts, aides |
| Prix | Libre | Libre, 400 à 800 € en général selon l’Anah |
L’audit énergétique obligatoire à la vente : le calendrier
L’obligation concerne les maisons individuelles et les bâtiments d’habitation appartenant à un seul propriétaire. Les appartements en copropriété n’y sont pas soumis. Le calendrier en France métropolitaine :
- depuis le 1er avril 2023 : logements classés F ou G ;
- depuis le 1er janvier 2025 : logements classés E ;
- à partir du 1er janvier 2034 : logements classés D.
L’audit est à la charge du vendeur, qui le fournit à l’acquéreur avec les autres diagnostics du dossier de vente. Dans nos départements, de Marseille à Nice, beaucoup de mas, de villas des années 60 à 80 chauffées à l’électricité ou au fioul et de maisons de village en pierre se trouvent dans ces classes.

Qui peut réaliser l’audit ?
Selon le ministère de l’Économie, peuvent le faire les diagnostiqueurs immobiliers certifiés, les bureaux d’études et entreprises disposant de la qualification adéquate, ainsi que les architectes formés à l’audit. Le professionnel doit visiter le logement au moins une fois et ne peut pas sous-traiter la mission.
Avant de commander, demandez au professionnel son attestation de certification ou de qualification, son attestation d’assurance, et un devis qui précise le délai de remise du rapport. Préparez aussi ce qui fera gagner du temps le jour de la visite : factures de travaux d’isolation ou de changement de fenêtres, notice de la chaudière ou de la pompe à chaleur, plans si vous en avez, anciens DPE. Un auditeur qui ne trouve aucune preuve d’isolation doit retenir des valeurs par défaut, souvent défavorables, alors qu’une facture de soufflage ou de doublage datée change parfois la classe finale.
Validité des anciens DPE
Un DPE réalisé entre 2018 et le 30 juin 2021 n’est plus valable depuis le 31 décembre 2024, et ceux de 2013 à 2017 ont expiré fin 2022. Si votre diagnostic date de cette époque, il faut en refaire un avant de mettre en vente ou en location.
Location : le calendrier des interdictions pour les passoires
La loi Climat et résilience a intégré la performance énergétique dans la définition du logement décent. Un logement non décent ne peut pas être proposé à la location, que ce soit pour un nouveau bail ou un renouvellement. Le calendrier rappelé par le ministère de la Transition écologique :
- depuis le 1er janvier 2023 : logements consommant plus de 450 kWh d’énergie finale par m² et par an ;
- depuis 2025 : logements classés G ;
- en 2028 : logements classés F ;
- en 2034 : logements classés E.
Depuis le 1er juillet 2024, les logements de moins de 40 m² bénéficient de seuils de calcul adaptés, qui ont fait sortir environ 140 000 petits logements du statut de passoire.
Bon à savoir
Un projet de loi adopté par le Sénat en juillet 2026 prévoit d’assouplir ce calendrier, notamment pour les logements G dont le propriétaire engage des travaux. Tant que le texte n’est pas définitivement voté et publié, les règles actuelles s’appliquent. Bailleurs, faites le point avec l’ADIL de votre département avant de relouer.
Le nouveau calcul du DPE depuis 2026
Au 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire utilisé par le DPE est passé de 2,3 à 1,9. Résultat pour les logements chauffés à l’électricité : ils voient leur classe s’améliorer, sans qu’aucun logement ne soit déclassé. Le ministère de l’Économie estime qu’environ 850 000 résidences sont ainsi sorties des classes F et G. Un arrêté prévoit d’abaisser encore ce coefficient à 1,7 au 1er janvier 2027.
Les DPE établis avant 2026 restent valables. Leur titulaire peut obtenir gratuitement une version recalculée, sans nouvelle visite, sur le site de l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME. Tous les DPE et audits établis depuis le 1er janvier 2026 intègrent directement le nouveau coefficient.

Comment lire les scénarios de travaux d’un audit énergétique
L’audit comporte obligatoirement une estimation de la performance du bâtiment, un schéma de répartition des déperditions thermiques, au moins deux propositions de travaux, avec un parcours par étapes, et des recommandations sur la ventilation. On y trouve :
- Un état des lieux. Composition des murs, de la toiture, des planchers et des menuiseries, système de chauffage et d’eau chaude, ventilation. Vérifiez qu’il correspond à la réalité : un mur en pierre noté comme du parpaing fausse tout.
- La carte des déperditions. Elle montre où part la chaleur : murs, fuites d’air, fenêtres, toiture, planchers bas, ponts thermiques. C’est elle qui hiérarchise les travaux.
- Un scénario par étapes. Une première étape doit déjà faire gagner au moins une classe, puis les étapes suivantes mènent vers un logement très performant (classe B en principe, parfois C quand le bâti ne permet pas mieux).
- Un scénario en une fois. Tous les travaux regroupés, souvent plus cohérents techniquement et parfois mieux aidés.
- Les coûts et les aides. Estimations de budget par étape et indication des aides nationales et locales mobilisables.
Les montants de l’audit restent des estimations. Pour chaque poste, ce sont les devis d’artisans qui donnent le vrai prix : par exemple pour l’isolation des combles, souvent en première étape parce qu’elle est rapide et peu coûteuse, ou pour l’isolation des murs par l’intérieur ou l’extérieur, qui pèse lourd dans les maisons anciennes.
Côté acheteur
Un acheteur peut s’appuyer sur l’audit du vendeur pour négocier, mais les chiffres doivent être confrontés à des devis réels. Faire chiffrer la première étape par deux ou trois artisans avant de signer le compromis évite de mauvaises surprises.
Audit énergétique et aides à la rénovation
L’audit n’est pas seulement une contrainte de vente. MaPrimeRénov’ rénovation d’ampleur, destinée aux projets globaux, suppose un logement classé E, F ou G avant travaux et un gain d’au moins deux classes, avec au moins deux gestes d’isolation. L’évaluation énergétique réalisée dans ce cadre, avec un Accompagnateur Rénov’, joue le même rôle qu’un audit. Depuis le 1er septembre 2026, cette aide n’est plus accordée pour une maison qui conserve un chauffage au gaz après travaux, et le parcours par geste ne finance plus l’isolation.
Le guide des aides publié par l’Anah en février 2026 mentionnait une aide de 300 à 500 € selon les revenus pour financer un audit énergétique réalisé hors obligation de vente. Vérifiez sur france-renov.gouv.fr qu’elle est toujours ouverte au moment de votre demande. Pour la vue d’ensemble des financements (CEE, éco-prêt à taux zéro, TVA réduite), notre page courtier en travaux renvoie vers nos guides budget et aides.

Que faire après l’audit ?
Trois cas reviennent souvent :
- Vous vendez : l’audit suffit, aucune obligation de faire les travaux. Il sert d’argument, dans un sens ou dans l’autre.
- Vous achetez : utilisez-le pour estimer l’enveloppe de travaux et le calendrier, en tenant compte des interdictions de location si vous comptez louer.
- Vous restez : suivez la logique des étapes, en commençant par l’enveloppe (toiture, murs, menuiseries, ventilation) avant le chauffage, et en visant les niveaux de performance qui ouvrent droit aux aides.
Notre page rénovation énergétique décrit comment nous transformons un audit en devis comparables d’artisans RGE, et tous les articles du thème sont regroupés dans nos guides énergie.
Pour aller plus loin
Questions fréquentes
Quelle différence entre un DPE et un audit énergétique ?
Le DPE classe le logement de A à G et reste valable dix ans. L’audit énergétique va plus loin : il détaille les déperditions, propose au moins deux scénarios de travaux chiffrés, dont un parcours par étapes, et renseigne sur les aides. Il complète le DPE sans le remplacer et reste valable cinq ans.
L’audit énergétique est-il obligatoire pour vendre un appartement ?
Non, l’obligation vise les maisons individuelles et les immeubles appartenant à un seul propriétaire, en monopropriété. Un appartement en copropriété se vend avec son DPE, sans audit réglementaire. Pour une maison, l’audit est exigé aujourd’hui si elle est classée E, F ou G, et le sera pour la classe D à partir de 2034.
Combien coûte un audit énergétique ?
Son prix est libre. L’Anah l’estime généralement entre 400 et 800 euros pour une maison, selon la surface, la complexité du bâti et le professionnel. Demandez plusieurs devis et vérifiez que l’auditeur visite réellement le logement, ce qui est obligatoire, et qu’il ne sous-traite pas la mission.
Peut-on encore louer un logement classé G ?
En principe, un logement G ne répond plus au critère de décence énergétique depuis 2025 pour les nouveaux baux et renouvellements. Un projet de loi examiné en 2026 prévoit des assouplissements, notamment si des travaux sont engagés. Tant qu’il n’est pas définitivement adopté, la règle actuelle s’applique : renseignez-vous auprès de l’ADIL.
Mon DPE a-t-il changé avec le nouveau calcul de 2026 ?
Si le logement est chauffé à l’électricité, sa classe a pu s’améliorer : le coefficient de conversion de l’électricité est passé de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026. Le DPE existant reste valable, et une mise à jour gratuite, sans nouvelle visite, peut être obtenue sur le site de l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME.
Sources
- Ministère de l’Économie, L’audit énergétique réglementaire, 2025. lien
- Ministère de la Transition écologique, Diagnostic de performance énergétique. lien
- Anah, Maison individuelle : l’audit énergétique devient obligatoire pour les logements classés F ou G, 2023. lien
- Ministère de l’Économie, Un nouveau DPE au 1er janvier 2026 pour favoriser le chauffage électrique, 2025. lien
- Anah, Les aides financières en 2026, février 2026. lien
- Service-public.fr, MaPrimeRénov’ : certains projets de travaux bientôt exclus du dispositif, 2026. lien
- PAP.fr, Retour des logements G en location, DPE réformé, août 2026. lien


